Les connecteurs logiques sont des mots ou locutions qui établissent une relation de sens entre deux propositions : cause, conséquence, opposition, addition, concession. Au Bac de français, ils structurent la dissertation et le commentaire en rendant explicite le lien entre chaque argument. Encore faut-il les choisir en fonction du raisonnement réellement mené, et non les placer mécaniquement pour donner une apparence de logique.
Les connecteurs logiques classés par fonction : tableau de référence
Voici les grandes catégories utiles pour le Bac, avec leurs principaux représentants. Cette organisation par fonction permet de retrouver rapidement le terme adapté au moment de la rédaction.
| Fonction | Connecteurs courants | Connecteurs plus soutenus |
|---|---|---|
| Addition | et, de plus, aussi | en outre, par ailleurs, de surcroît, voire |
| Opposition | mais, par contre, au contraire | cependant, toutefois, néanmoins, en revanche, or |
| Cause | car, parce que, puisque | étant donné que, dans la mesure où, du fait que |
| Conséquence | donc, ainsi, alors | par conséquent, de sorte que, si bien que, dès lors |
| Concession | même si, certes | bien que, quoique, malgré, il est vrai que |
| But | pour, afin de | afin que, de peur que, en vue de |
| Illustration | par exemple, comme | c’est le cas de, tel que, notamment |
| Conclusion | donc, enfin | en définitive, pour conclure, en fin de compte, ainsi |
Quelques précisions sur des connecteurs souvent mal employés. Or introduit un fait nouveau qui vient nuancer ou contredire ce qui précède : il ne remplace pas « mais ». Puisque présuppose une cause déjà connue du lecteur, là où « parce que » introduit une cause nouvelle. Cette distinction conditionne la cohérence d’un paragraphe entier.
Choisir un connecteur selon le mouvement de son raisonnement
Ajouter un connecteur ne suffit pas à créer du sens. Ce qui compte, c’est d’identifier le mouvement logique réellement effectué avant d’écrire la phrase de liaison.
Trois questions permettent de faire ce choix de façon fiable :
- L’idée suivante va-t-elle dans le même sens ? Si oui, les connecteurs d’addition (en outre, par ailleurs, de surcroît) sont appropriés. Ils signalent un renforcement, pas un changement de direction.
- L’idée suivante vient-elle limiter ou nuancer ce qui précède ? C’est alors le registre de l’opposition ou de la concession. « Cependant » et « néanmoins » reconnaissent la valeur de l’argument précédent avant de le relativiser ; « en revanche » marque une opposition frontale sans concession.
- L’idée suivante découle-t-elle logiquement de ce qui précède ? Un connecteur de conséquence (par conséquent, dès lors, si bien que) est alors nécessaire, à condition que le lien de cause à effet soit réellement démontré dans le paragraphe.
Cette vérification prend quelques secondes et évite les connecteurs posés par habitude, qui créent une apparence de structure sans cohérence réelle.

Pourquoi multiplier les connecteurs peut nuire à une copie de Bac
Une copie qui accumule « de plus », « en outre », « par ailleurs » et « également » dans le même développement ne gagne pas en clarté : elle répète le même signal logique quatre fois, ce qui finit par l’affaiblir.
Un connecteur suremployé perd sa valeur de signal. Quand chaque phrase commence par « cependant » ou « néanmoins », le lecteur ne perçoit plus d’opposition réelle : le mot est devenu un tic de rédaction. Les correcteurs du Bac identifient ce pattern et l’associent à une maîtrise superficielle de l’argumentation.
Deux règles pratiques permettent d’éviter ce problème. D’abord, un seul connecteur d’opposition par paragraphe suffit : si le mouvement argumentatif est bien construit, un « cependant » positionné au bon endroit suffit à signaler le retournement. Ensuite, certaines transitions n’ont pas besoin de connecteur explicite : quand la logique est lisible dans la construction des phrases, ajouter un connecteur revient à souligner ce que le lecteur perçoit déjà.
Connecteurs d’opposition et de concession : la distinction qui fait la différence
L’opposition et la concession sont souvent confondues, alors qu’elles ne décrivent pas le même rapport logique. Cette distinction compte particulièrement dans la dissertation, où la troisième partie exige souvent un mouvement de dépassement.
L’opposition place deux idées en contradiction directe : « ce texte valorise la liberté individuelle ; en revanche, il ignore les contraintes collectives. » Les deux propositions s’excluent ou se contredisent.
La concession reconnaît la valeur partielle d’un argument avant de le dépasser : « certes, ce texte valorise la liberté individuelle, mais il montre aussi les limites que cette liberté impose aux autres. » La concession intègre l’argument adverse au lieu de le rejeter.
Pour la troisième partie d’une dissertation, les connecteurs de concession (certes, il est vrai que, sans doute, on peut admettre que) sont plus adaptés que les connecteurs d’opposition pure, parce qu’ils signalent un dépassement dialectique plutôt qu’un simple refus.
Liste prête à l’emploi pour conclure et introduire chaque partie
Les transitions entre parties et la conclusion finale sont des moments où le choix du connecteur est particulièrement visible. Voici des formulations directement utilisables.
Pour ouvrir une partie : « dans un premier temps », « il convient d’examiner », « une première lecture montre que », « si l’on considère d’abord ».
Pour passer à la partie suivante : « cependant, cette analyse reste incomplète si », « il faut néanmoins nuancer ce constat », « or, une lecture plus attentive révèle que », « dès lors, la question se déplace vers ».
Pour conclure un développement : « ainsi », « dès lors », « par conséquent », « en définitive », « il apparaît donc que ». Évitez « pour conclure » ou « en conclusion » à l’intérieur du développement : ces formules signalent une fin d’article, pas une synthèse argumentée.
La maîtrise des connecteurs logiques au Bac de français ne se réduit pas à mémoriser des listes. Elle repose sur la capacité à identifier le mouvement logique d’un paragraphe avant de choisir le terme qui le formalise. Une copie avec peu de connecteurs mais bien placés sera toujours plus convaincante qu’une copie où chaque phrase commence par une locution de transition.

